Cinquième
commission
Budget-programme
pour 2000-2001
Point
117 de l’ordre du jour
Ambassadeur
André Erdős de
Hongrie
le
27 novembre 2000
M. le Président,
À
notre tour, nous aussi, nous sommes reconnaissants au Secrétaire Général pour
la présentation qu’il vient de faire sur le sujet brûlant des opérations de
maintien de la paix et des aspects financiers y relatifs. Nous nous sommes
associés à l’intervention faite sur cette question par l’Union européenne.
Pendant les dix années écoulées, nous avons dû nous rendre à l’évidence que non
seulement la place et le rôle des opérations de maintien de la paix ont revêtu
une dimension sans égale par rapport aux décennies antérieurs, mais que ces
opérations sont devenues infiniment plus complexes et que les moyens dont
disposent l’ONU pour faire face aux défis sans précédent, défis découlant aussi
du fait de la disparition du monde bipolaire, se sont avérés visiblement
insuffisants. Pendant son séjour au Conseil de Sécurité dans les années
ensanglantées du conflit atroce dans l’ex-Yougoslavie, mon pays a ressenti
toute la lourdeur de la machine onusienne quant il s’agissait de mettre un
terme à l’agression et à la violence contre les populations civiles, il a su
mesurer les difficultés auxquelles s’est heurtée la communauté internationale à
travers toute cette crise.
Malheureusement, la période qui a suivi
notre départ de cet organe de première importance, chargé de maintenir ou
rétablir la paix et la sécurité internationales, n’a pas mis fin aux incertitudes,
aux lacunes et insuffisances, et les événements qui sont succédés depuis dans
le monde ont mis à l’épreuve à maintes reprises la conscience humaine. C’est,
entre autres, en raison de cette expérience «nationale» que la Hongrie appuie
avec ferveur les propositions qui visent à fournir à l’ONU les outils
nécessaires à éviter les pièges et les manquements d’un passé tout récent.
Or, nous disposons déjà de documents
fiables qui mettent en exergue on ne plus clairement le conflit qui existe
entre, d’une part, les exigences de notre époque et, d’autre part, la capacité
actuelle de notre organisation de s’acquitter de ses obligations. Par
conséquent, nous préconisons un début prochain de la mise en oeuvre des
recommandations que nous propose à cet égard le Secrétaire Général. Il nous
parait évident, précisément en vue de l’expérience amère accumulées dans ce
domaine dans la récent période, que la communauté internationale n’a plus de
temps à perdre et que les structures et méthodes de travail de l’ONU ayant traits
aux opérations de maintien de la paix doivent être revues et modifiées. Ceci ne
veut dire en aucune manière qu’on doive procéder à la hâte, sans mûre réflexion
et sans qu’on agisse avec la circonspection qui est souhaitable, ayant en vue
l’ensemble du travail que fait l’ONU.
Et cela m’amène à souligner un facteur
fondamental qui découle du caractère, du rôle et de la composition de
l’organisation mondiale au seuil d’un nouveau siècle. Le document qui vient
d’être adopté au plus haut niveau lors du Sommet du Millénaire en parle avec
toute l’éloquence requise. La grande entreprise en faveur du développement, de
l’essor économique et social de l’humanité toute entière reste la pierre
angulaire de nos activités ici à l’ONU. La tâche que nous sommes appelée à
accomplir pour rendre les Nations Unies plus efficace et plus résolue dans la
conduite des opérations de maintien de la paix et dont le succès ou l’échec
déterminent en fait les chances du développement ne saurait être considérée
comme incompatible ou contraire aux aspirations en faveur du développement. Cet
objectif ne saurait affaiblir les efforts qui visent à mobiliser les ressources
indispensables à l’amélioration des conditions dans les pays en développement,
y compris les moins développés.
Avant de terminer, M. le Président, je
voulais faire cette observation qui me parait essentielle, réitérant ainsi l’un
des aspects concrets de la déclaration de l’Union européenne. Nous souhaitons
que la cinquième commission puisse apporter sa propre contribution au travail
que nous entamons pour répondre aux besoins qui sont détaillés dans le rapport
de M. Brahimi, en adoptant des décisions concernant les ressources qui sont
nécessaires à leur mise en œuvre, décisions qui faciliteront l’action urgente
qui s’impose dans le domaine des opérations de paix. Ma délégation est prête à
prendre une part active dans cette exercice.
Merci, M. le Président.