Intervention
de l'Ambassadeur André Erdős,
Représentant permanent de la Hongrie
auprès des Nations Unies
Point 38 de l'ordre du jour
«Question de la representation équitable au
Conseil de sécurité et de l'augmentation du
nombre de ses membres et questions connexes»


New York, le 20 décembre 1999

 

M. le Président,

Ma délégation se félicite de la reprise par l'Assemblée générale, avant la fin de cette partie de la présente session, du travail sur la réforme du Conseil de sécurité et elle s'attend à la poursuite, au début de l'année prochaine, des travaux du groupe de travail chargé de cette question. On se rappelle que dans de nombreuses interventions faites dans le débat général de l'Assemblée, la nécessité impérative de réformer le Conseil a été mis en relief, les faiblesses apparues et les échecs subies dans l'activité de cet organe ayant été attribués, entre autres, à l'absence d'une telle réforme.

Nous nous félicitons aussi du nombre impressionnant des orateurs qui sont intervenus dans le présent débat, et qui signale manifestement le vif intérêt que portent les États Membres des Nations Unies à la question de la réforme du Conseil.

Comme d'autres collègues l'ont relevé, la question de la réforme du Conseil nous préoccupe déjà depuis de longues années. A leur instar, je ne saurais non plus dissimuler une certaine frustration devant le peu de progrès fait au sein du groupe de travail. Pourtant, cette réforme n'est pas moins actuelle aujourd'hui qu'elle ne l'était au début de l'activité du groupe, et elle doit rester sûrement au centre de l'attention des États Membres.

Dans ce contexte, j'aimerais vous encourager, M. le Président, qu'à la manière de vos distingués prédécesseurs, vous poursuiviez avec attention l'évolution des travaux au sein du groupe et utilisiez pleinement les différents mécanismes de consultation et formes de discussion qui vous sont disponibles.

La Hongrie a eu déjà l'occasion à plusieurs reprises, au titre national et aussi en tant que membre du groupe de dix pays, de présenter sa position en la matière.

Premièrement, la composition du Conseil de sécurité devra refléter les changements intervenus dans le monde. Nous préconisons l'accroissement du nombre des membres dans toutes les deux catégories. A présent, nous ne savons pas encore quels seraient les paramètres exactes d'une telle action, mais les discussions que nous aurons à ce sujet au sein du groupe de travail devront nous guider à y trouver une solution rationnelle. Ce que nous savons, par contre, c'est qu'outre un certain nombre de nouveaux membres non-permanents, la présence aussi parmi les nouveaux membres permanents du Conseil de sécurité des représentants de l'Asie, de l'Afrique, de l'Amérique latine et des Caraïbes - aux côtés de ceux de pays industrialisés - serait susceptible de renforcer le caractère démocratique, la crédibilité et le prestige de cet organe.

Deuxièmement, pour ce qui est du droit de veto, sujet extrêmement délicat, compte tenue de certaines réalités incontournables, nous sommes partisans des limitations dans son usage. Nous sommes bien entendu flexibles quant aux modalités à choisir à cette fin. Nous estimons qu'à cet égard, pour des raisons de principe, il ne doit y avoir de différences entre le statut des anciens et des nouveaux membres permanents.

Troisièmement, un accord sur l'institutionnalisation de la révision périodique des décisions prises dans le domaine de la réforme du Conseil pourrait avoir un effet bénéfique sur nos futures débats au sein du groupe de travail concernant les autres questions se rapportant à la réforme du Conseil. Un tel accord pourrait aussi exercer une certaine influence sur l'attitude des futures membres du Conseil à l'égard des sujets débattus, ainsi que sur leur sens de responsabilité vis-à-vis des autres États Membres de l'ONU.

M. le Président,

Nous sommes conscients que l'exercice dans lequel nous sommes engagés à présent est une entreprise de longue haleine dont il faut apprécier même les modestes accomplissements et les mesures graduelles auxquelles nous réussissons à parvenir. Sans perdre de vue l'objectif principal qui est la refonte du Conseil et l'introduction en son sein de changements substantiels, on ne saurait sous-estimer les modifications qui ont été apportées récemment à son travail et qui vont dans la direction d'une plus grande transparence.

Malgré les difficultés que nous avons rencontrées et qu'ils nous restent encore à surmonter, nous ne devons pas oublier que l'alternative des efforts que nous déployons pour promouvoir la réforme du Conseil de sécurité serait le gel d'un status quo qui risquerait de fossiliser un état de choses dépassé depuis longtemps par les événements dans le monde. Dans cet esprit, ma délégation est prête à coopérer avec vous, M. le Président, dans la poursuite de l'objectif que l'Assemblée générale s'est fixée dans ce domaine.

Merci, M. le Président.



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