BACKIntervention de l 'Ambassadeur André Erdős
Multilinguisme
New York, le 6 décembre 1999
M. le Président,
La délégation de la Hongrie se félicite du rapport du Secrétaire général sur le multilinguisme qui met en exergue, à juste titre, l'importance de l'étude et de l'utilisation des langues - langues, au pluriel - pour mieux refléter la diversité linguistique et culturelle de l'ONU et, en fait, celle de notre univers. Il ressort de ce rapport que l'organisation mondiale met un accent particulier sur l'enseignement et l'usage des langues officielles de l'ONU dans les différents domaines des activités de notre organisation. La réforme de l'ONU lancée depuis quelques années vise essentiellement à traduire dans les faits les réalités du monde, ce qui implique aussi, entre autres, le maintien et le renforcement d'une équilibre linguistique au sein des Nations Unies.
Dans ce contexte, nous attachons une grande importance à l'activité du Département de l'information qui est l'organe onusien par excellence destiné à sensibiliser l'opinion publique dans les divers pays au caractère multiculturel et à la diversité linguistique de l'organisation, en utilisant non seulement les langues de travail et officielles de l'organisation, mais aussi, en ayant recours, avec l'assistance des centres d'informations des Nations Unies, aux langues des pays desservis par ces centres. C'est par ce biais que les gens dans les quatre coins du monde seront mieux en mesure d'apprécier les véritables dimensions du travail accompli par les Nations Unies et de s'y identifier. Ils comprendront que l'ONU reste le lieu d'expression privilégié de la diversité des cultures qui composent la communauté internationale et, dans une certaine mesure, de la diversité linguistique de la planète, et non pas de l'uniformité, de la monotonie ou d'une sorte d'intolérance intellectuelle.
La fidélité du Secrétariat à la politique de promotion de l'enseignement et de l'utilisation des langues de travail et officielles de l'ONU dans tous les domaines est fondamentale pour que le multilinguisme, la parité entre ces langues restent la règle à l'ONU, et nous nous attendons à la poursuite de cette activité.
M. le Président,
La Hongrie s'est jointe en tant que co-auteur, avec un nombre impressionnant de pays, au projet de résolution qui est soumis à l'attention de l'Assemblée générale et qui porte sur la préservation de la valeur du multilinguisme au sein du Secrétariat. Nous le faisons dans un esprit d'ouverture, car je représente - à l'instar de beaucoup de mes collègues - une nation dont la langue n'est pas celle entrant dans la catégorie des langues officielles ou de travail, une nation ou celles-ci sont hors d'usage même en tant que langue secondaire ou langue d'administration. Tout en restant attachés à notre langue, à notre culture et à nos traditions, nous sommes parfaitement conscients de l'importance pour la communauté internationale de se faire comprendre et de se communiquer, ayant recours à la richesse de l'arsenal linguistique dont disposent les peuples de la planète, et cela ne peut se faire rationnellement que sur une base agréée, celle établie par la Charte des Nations Unies dans son Article 111. Nous n'avons pas de doutes que les collègues ici présents qui pensent, réfléchissent et communiquent dans des langues les plus diverses seront sensibles à l'idée de la pluralité des langues et qu'ils apprécieront à sa juste valeur le message contenu dans ce projet de résolution que nous recommandons à leur bienveillante attention.
Merci, M. le Président.