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RAPPORT DU SECRÉTAIRE GÉNÉRAL DES NATIONS UNIES
SUR LA MISSION DES NATIONS UNIES EN
BOSNIE-HERZÉGOVINE (MINUBH)
DÉCLARATION
DE L`AMBASSADEUR ANDRÉ ERDÕS,
REPRÉSENTAT PERMANENT DE LA RÉPUBLIQUE DE HONGRIE,DEVANT LE CONSEIL DE SÉCURITÉ
NEW YORK, LE 19 DÉCEMBRE 1997
M. le Président,
La Hongrie se félicite de la discussion au sein du Conseil de sécurité des activités déployées par la communauté internationale en Bosnie-Herzégovine et des tâches qui restent encore à accomplir pour la mise en oeuvre des décisions prises dans le cadre de l'accord de Dayton. Nous notons en particulier l'importance des conclusions de la Conférence sur la mise en oeuvre de la paix tenue récemment à Bonn, Conférence qui a mis l'accent sur la consolidation des acquis du processus de paix, la poursuite de l'assistance internationale et le renforcement du role du Haut Représentant.
La Hongrie, se trouvant dans le voisinage de la région balkanique, est profondément attachée au règlement politique des questions conflictuelles sur le territoire de l'ex-Yougoslavie, à la préservation de la souveraineté et de l'intégrité territoriale de la Bosnie-Herzégovine et de tous les autres tats successeurs de l'ex-Yougoslavie. Nous rejetons avec force les propos qui apparaissent ici ou là, suggérant comme solution le démembrement de la Bosnie-Herzégovine. Il n'est pas nécessaire de s'étendre longuement sur les éventuelles répercussions négatives de telles idées destructives.
M. le Président,
Nous saluons la détermination de la communauté internationale d'aller de l'avant dans la voie de la réalisation du volet civil de l'accord de Dayton. Nous nous félicitons aussi de l'intention du Conseil de sécurité de proroger le mandat de la Mission des Nations Unies en Bosnie-Herzégovine pour une période additionnelle. La Hongrie s'est jointe en 1996 aux opérations de maintien de la paix avec l'ouverture de la base de la Force de Stabilisation à Taszár dans le sud du pays et l'envoi d'un contingent logistique de 500 personnes qui a su l'année passée reconstruire 20 ponts ferroviaires et pour transport routier et qui a également procédé au déminage des alentours immédiats de ces installations. Cette année, le contingent continue sans relâche ses activités de reconstruction pour faciliter la reprise de la vie économique et commerciale normale en Bosnie-Herzégovine.
De même, mon pays a participé, depuis sa constitution, aux opérations du Groupe internationale de police et a augmenté encore, au début cette année, ses effectifs servant dans les rangs du Groupe.
Nous notons, toutefois, que les efforts en vue du redressement économique de la Bosnie-Herzégovine pourraient s'accélérer davantage si la législation économique nécessaire était mise en place et le fonctionnement des organes centraux était rendu plus efficaces. Il fait du tort à la Bosnie-Herzégovine qu'en raison des divergences de vues, du manque de confiance et de l'absence de volonté politique, les lois absolument indispensables au redémarrage de la vie économique du pays ne sont toujours pas approuvées par les instances compétentes en Bosnie-Herzégovine.
Nous ne pouvons ne pas souligner aussi l'importance de la réconciliation en Bosnie-Herzégovine, car si la paix et la stabilité politique et économique ne sont pas accompagnées de leur volet psychologique correspondant au niveau des citoyens, la situation dans le pays restera toujours fragile et les résultats du processus de paix réversibles. L'administration de la justice, la vérification du respect des droits de l'homme, y compris des droits des minorités, mais aussi l'éducation, la propagation des valeurs de la démocratie et une presse libre pourront contribuer éminemment à ce processus.
Nous enregistrons avec satisfaction l'arrestation en Bosnie-Herzégovine de deux autres personnes accusés de crimes de guerre. Nous encourageons le Tribunal criminel international pour l'ex-Yougoslavie et la Force de Stabilisation de poursuivre leurs activités dans ce domaine, tout en soulignant qu'il est impératif de s'assurer à cet effet de la pleine coopération de toutes les trois communautés en Bosnie-Herzégovine et des pays voisins aussi afin que la proportion des personnes traduits en justice reflète, sans distorsion, le poids véritable des atrocités commises dans le pays. Il est grand temps qu'on se souvienne des leçons amères que ce siècle si ensanglanté nous à enseignées, en se rappelant des propos tenus par le Juge américain Robert Jackson en novembre 1945 à Nuremberg, et je cite: "The wrongs which we seek to condemn and punish have been so calculated, so malignant and so devastating, that civilization cannot tolerate this being ignored because it cannot survive their being repeated" - fin de citation.
On peut se demander: combien de fois faudra-t-il répéter les horreurs du passé? Les parties en présence en Bosnie-Herzégovine, ainsi que les voisins immédiats de ce pays doivent aussi assumer leur part des responsabilités dans les efforts tendant à rejeter énergiquement les thèses nationalistes agressives, racistes et ethnocentriques, thèses qui avaient, en fait, il y a quelques années, grandement contribué au déclenchement de l'enfer dans l'ex-Yougoslavie.
M. le Président,
Nous sommes persuadés que, malgré les difficultés et le passage du temps, la communauté internationale ne saurait détourner son attention des développements en Bosnie-Herzégovine et devra maintenir sa présence aussi bien civile que militaire dans le pays. La Hongrie se félicite dans ce contexte de l'annonce faite dans ce sens hier par le Président des États Unies et se tient prêt à continuer sa contribution à la réalisation des objectifs de l'accord de Dayton. Le role que le Conseil de sécurité peut assumer est énorme dans cette entreprise singulièrement complexe qui vise à rétablir la normalité dans ce pays meurtri.
Merci, M. le Président.