Interpretation in English

LA SITUATION EN BOSNIE-HERZÉGOVINE

POINT 47 de L'ORDRE DU JOUR

DÉCLARATION
DE L'AMBASSADEUR ANDRÉ ERDÕS,
REPRÉSENTANT PERMANENT DE LA RÉPUBLIQUE DE HONGRIE


NEW YORK, LE 15 DÉCEMBRE 1997



M. le Président,


La Hongrie s'associe pleinement à la déclaration faite par le distingué Ambassadeur du Luxembourg au nom du l'Union Européenne. On s'en souvient qu'après les grands changements politiques dans le monde, la situation qui s'est développée en Bosnie-Herzégovine a placé la communauté internationale devant l'un de ses plus grands défis. La crise dans l'ex-Yougoslavie dont le conflit en Bosnie-Herzégovine a été l'élément le plus déchirant, est devenue synonyme de désillusionnement amère, d'un traumatisme qui continue encore à nous hanter.


Le processus de paix lancé à Dayton n'a pas encore produit tous les résultats escomptés. Maintenant que l'exécution des dispositions militaires de l'accord de Dayton est en marche, la tâche de consolider les résultats acquis et de mettre en oeuvre, de façon prioritaire, les aspects civils de l'accord s'impose de toute urgence. On peut constater, fort heureusement, que la paix est en train de s'affermir en Bosnie-Herzégovine, mais il est aussi bien claire que le processus n'est pas encore irréversible. L'établissement d'une Bosnie-Herzégovine multi-ethnique et multiculturelle exige la réalisation inconditionnelle de toutes les dispositions de l'accord de Dayton et, dans les circonstances présentes, le maintien de la présence militaire internationale.


Dans ce contexte, nous nous félicitons de la réunion toute récente à Bonn du Conseil de la mise en oeuvre de la paix qui a mis en relief les

tâches qui restent encore à accomplir telles que le fonctionnement effectif des institutions communes, le renforcement de la confiance et de la coopération entre les trois peuples constituants de la Bosnie-Herzégovine, l'importance de l'administration de la justice et du respect des droits de l'homme.


M. le Président,


Il importe de s'arrêter un instant sur le problème de la pleine coopération avec le Tribunal criminel international pour l'ex-Yougoslavie et de la traduction en justice des criminels de guerre. Nous déplorons vivement que la réalisation des engagements à cet effet, découlant de l'accord de Dayton, n'est pas considérée par les différentes communautés ethniques de la même manière comme une obligation qui leur incombe sans ambiguïtés. Aussi, est-il nécessaire de faire en sorte que le Tribunal dispose de ressources financières nécessaires à l'exécution de ses tâches et qu'il ait accès à toute information indispensable à des prises de position objectives et équilibrées.


Il importe aussi de mentionner la question du retour des réfugiés et des personnes déplacées. Le respect, selon les normes internationaux, des droits des minorités en fait partie, il est un élément fondamental de la réconciliation, particulièrement, en toile de fond, le déchainement récent de l'intolérance ethnique à travers le pays. Je me permets de citer l'ambassadeur Eide, Représentant spécial du Secrétaire Général, qui, dans sa déclaration à l'occasion de la récente Journée des droits de l'homme, a dit que - et je cite dans son original anglais - "Diversity is richness, not a threat. It should be enjoyed, not despised." Ces propos sont porteurs d'un message très important et devraient servir de guide directeur non seulement aux peuples de la Bosnie-Herzégovine, non seulement aux populations qui vivent sur toute l'étendue de l'ancienne Yougoslavie, mais aussià toute la région de l'Europe Centrale et de l'Est, afin que puisse être prévenue la répétition des tragédies de la Bosnie-Herzégovine et de la Croatie.


M. le Président,


L'objectif de tout le processus de Dayton, malgré les tentatives de ses détracteurs et saboteurs, est d'assurer l'indépendance et la souveraineté de la Bosnie-Herzégovine dans la démocratie, de préserver l'unité, l'intégrité légale et territoriale de ce pays multi-ethnique. Dans ce contexte, la reconstruction et l'essor économique de Bosnie-Herzégovine constituent une condition sine qua non de la réalisation des objectifs que la communauté internationale poursuit dans ce pays. Dans la situation actuelle il est évident que cela ne saurait être assuré que par la continuation de l'assistance internationale. Nous partageons le point de vue de ceux qui établissent un lien direct entre la fourniture d'une telle assistance et le degré de coopération avec la communauté internationale des autorités en Bosnie-Herzégovine. Ainsi, la consolidation des résultats de ces deux derniéres années dépend avant tout de l'attitude des parties bosniaques elles-mêmes.


Tous ceux qui ont suivi l'évolution de la situation en Bosnie-Herzégovine savent bien que la communauté internationale y a fait un investissement politique majeur. Nous ne pouvons que réitérer la déclaration de l'Union Européenne que ne seront tolérées ni les tentatives de miner la souveraineté de la Bosnie-Herzégovine, ni les tentatives de domination unilatérale sur les institutions politiques de ce pays. Indépendamment du jugement que les uns ou les autres portent sur les événements de ces dernières années dans la région ex-yougoslave, et de la qualification par les uns et ou les autres des méthodes employées par la communauté internationale pour le traitement de ce conflit, il est plus que claire que la sauvegarde de l'unité étatique de la Bosnie-Herzégovine et la mise en oeuvre de l'accord de Dayton dans son ensemble n'ont pas d'alternative.


M. le Président,


La Hongrie, pays limitrophe de la région, est vitalement intéressée à la consolidation de la paix et à la préservation de la stabilité dans la région ex-yougoslave et plus particulièrement en Bosnie-Herzégovine. L'impact politique, sécuritaire, économique et psychologique sur les pays voisins, y compris sur la Hongrie, des événements qui ont eu lieu sur le territoire de l'ancienne Yougoslavie est bien connu aujourd'hui. Mon pays, comme il l'a réaffirmé à plusieurs reprises, se tient prêt à l'avenir aussi à prendre sa part de l'entreprise du maintien de la paix en Bosnie-Herzégovine au sein de la Police Civile Internationale aussi bien que dans le cadre de la Force de Stabilisation, notamment dans les efforts de reconstruction logistique et infrastructurelle du pays. La reconstruction ou la construction d'un nombre de ponts sur le fleuve de la Sava et les travaux en cours pour reconstruire le pont historique de Mostar qui fait partie du patrimoine culturel mondial sont autant de manifestations d'une contribution hongroise concrète à la réhabilitation du pays. La base de la Force de Stabilisation qui fonctionne déjà depuis plusieurs années dans le sud de la Hongrie restera toujours disponible pour promouvoir le processus de paix et de stabilité en Bosnie-Herzégovine.


La Hongrie s'est jointe en tant que co-auteur au projet de résolution 52/L.67/Rev.1. lequel, à notre avis, peut jouer un rôle utile dans la consolidation d'une paix toujours fragile en Bosnie-Herzégovine. Nous formulons l'espoir que ce projet va recueillir l'approbation de notre Assemblée.


Merci, M. le Président.



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