Interpretation in English



APPUI DU SYSTÈME DES NATIONS UNIES AUX EFFORTS DÉPLOYÉS
PAR LES GOUVERNEMENTS POUR PROMOUVOIR ET CONSOLIDER
LES DÉMOCRATIES NOUVELLES OU RÉTABLIES

POINT 38 de L'ORDRE DU JOUR

DÉCLARATION
DE L'AMBASSADEUR ANDRÉ ERDÕS,
REPRÉSENTANT PERMANENT DE LA RÉPUBLIQUE DE HONGRIE


NEW YORK, LE 21 NOVEMBRE 1997



Mme le Président,

Ma délégation s'associe à la déclaration faite sous ce point de l'ordre du jour par le représentant du Luxembourg au nom de l'Union Européenne. Les changements sans précédents qui ont radicalement modifié le paysage politique du monde ont ouvert la voie à l'établissement de l'état de droit et au développement démocratique dans un nombre croissant de pays aux quatre coins du monde. De ce fait, les démocraties nouvelles ou rétablies sont caractérisées par une grande diversité de situations.

La région de l'Europe Centrale et de l'Est, où se situe mon pays, a joué un rôle particulier dans les grandes transformations dont nous sommes tous témoins. Je rappelle que c'est précisément là que se trouvait durant plusieurs décennies l'épicentre de la confrontation idéologique et militaire de la guerre froide. Et je note dans ce contexte que mon pays est fier d'avoir joué une part importante dans les événements qui ont abouti au démantè lement du rideau de fer politique et psychologique qui a séparé les deux parties de l'Europe pendant si longtemps.

Ces dernières années, les changements profonds sur la scène internationale, en Europe et ailleurs, ont rendu irrésistible le processus planétaire de la démocratisation. Ce processus est cependant loin d'être terminé. Il importe qu'on continue inlassablement, d'un côté, les efforts visant à promouvoir la démocratisation et, de l'autre côté, à consolider, là où elles existent déjà, les institutions démocratiques. Nous devons reconnaître sans complaisance qu'un nombre de défis reste encore à être relevé à travers le monde, tels que la persistance ici ou là de l'oppression et les tentatives ouvertes ou plus subtiles visant à défigurer la démocratie. En raison précisément de la fragilité des jeunes démocraties dans certaines régions du monde, la communauté internationale se doit de continuer à les aider à mieux confronter les dangers qui les guèttent de l'intérieur aussi bien que de l'extérieur.

A notre époque de la mondialisation, on doit se rendre compte que les objectifs nationaux ne peuvent être atteints que si la démocratie, la stabilité politique et le bien-être s'instaurent et se consolident non seulement chez soi, mais aussi chez ses voisins. Dans ce contexte, le bon fonctionnement des institutions démocratiques, la performance positive d'une économie de marché et la conduite d'une politique étrangère ouverte et rationnelle sont le gage du traitement satisfaisant des problèmes de tous ordres qui surgissent au sein de nos sociétés et entre nos Etats.

Certes, le processus de démocratisation qui a lieu dans les différents pays peut ne pas être identique quant à sa profondeur et son intensité. Cela montre la grande variété de conditions dans lesquelles s'opère l'avènement d'une situation internationale qualitativement nouvelle. Mais, en tout état de cause, la grande mouvance vers la démocratie dans chacun des pays concernés doit refléter les valeurs universelles qui sont à la base de la démocratie, elle doit refléter la volonté populaire dont les gouvernements, et il n'est pas sans intérêt de le rappeler, ne sont que les porteurs.

Même si - pour des raisons politiques et historiques liées à une autre époque - la "démocratie", en tant que référence, ne figure pas dans la Charte des Nations Unies, elle est - comme le note le rapport du Secrétaire Général sur ce sujet - plus essentielle aux activités onusiennes qu'elle ne l'a jamais été. Et l'objectif aujourd'hui est de l'intégrer organiquement aux actions que mènent les Nations Unies dans les différents domaines. Nous nous félicitons donc de la disposition de notre organisation mondiale d'assister dans la pratique aux efforts des gouvernements dans l'établissement de l'état de droit.


Mme le Président,


La Hongrie a co-parrainé le projet de résolution A/52/L.28 introduit par le distingué Ambassadeur de la Roumanie, parce qu'elle partage le message politique qui y est contenu et qu'elle mesure toute l'importance qu'il y a, avec la fin du monde bipolaire, à accorder à la gouvernance démocratique toute la dimension qu'elle mérite. Nous notons cependant que le texte du projet aurait eu besoin d'un toilettage rédactionnel dans certains paragraphes préambulaires et dispositifs, afin d'éviter les répétitions superflues et certaines incohérences de langage.


Mme le Président,


Le processus qui a commencé il y a presque dix ans a rassemblé, cette année à Bucarest, capitale de la Roumanie, capitale qui, soit dit en passant, a été un lieu idéal et significatif pour de telles délibérations, un grand nombre de pays ayant rejoint la grande famille des nations démocratiques. Nous comptons non seulement sur la simple poursuite de ce processus, mais aussi sur l'accroissement continue du nombre des participants à cette grande entreprise de l'édification de sociétés démocratiques.

Merci, Mme le Président.



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